Chronologie

Chronologie de la vie de Mgr Ghika.

25 décembre 1873 – Naissance à Constantinople (aujourd’hui Istanbul, Turquie), son père étant le représentant diplomatique de la Roumanie ; il est baptisé dans l’Église orthodoxe.

1877 – Retour de sa famille en Roumanie.

1878-1893 – Il suit les cours de l’école de Toulouse (France) ; il passe ses vacances en Roumanie.

1881 – Décès de son père, Ioan Ghika.

1893-1895 – Il suit à Paris les cours de la Faculté des sciences politiques ; tout en fréquentant des cours de médecine, de botanique, d’art, de lettres, de philosophie, d’histoire et de droit.

1895-1898 – Il poursuit ses études en Roumanie.

1898-1905 – Licence en philosophie et Doctorat en théologie au Collège Saint-Thomas des dominicains à Rome (futur Angelicum).

13 avril 1902 – Il entre dans l’Église catholique avec sa cousine Natalia, reine de Serbie, en faisant la profession de foi catholique dans l’église Sainte-Sabine de Rome.

1904 – Il rencontre sœur Pucci à Salonique.

1904-1906 – Il poursuit des études de philosophie et de théologie à Salonique.

1906-1914 – Retour en Roumanie – intense activité caritative et intellectuelle.

1906 – Il constitue le groupe des Filles de la Charité à Bucarest.

20 juin 1906 – ouverture du premier dispensaire gratuit « Bethleem Mariae » à Bucarest, rue Griviței.

1912-1913 – Avec l’aide des Filles de la Charité, il soigne les malades du choléra au lazaret de Zimnicea, ce qui lui vaut une médaille militaire, bien qu’il fût civil.

1914 – Décès de sa mère, Alexandrina Ghika.

1914-1917 – Activité diplomatique et caritative, présence à Rome.

1917-1939 – Retour à Paris – activité culturelle, diplomatique et religieuse.

1918 – Le Conseil national roumain de Paris le nomme comme son représentant auprès du pape Benoît XV.

11 décembre 1918 – Mgr Pietro Cardinal Gasparri, secrétaire d’État du Saint-Siège, ratifie cette nomination « en vue d’une collaboration utile pour le bien religieux du peuple roumain ».

Début 1920 – Ce mandat prend fin et il retourne à Paris.

7 octobre 1923 – Il est ordonné prêtre par le cardinal Dubois, archevêque de Paris.

1923-1939 – Il exerce son ministère sacerdotal à Paris, en France et dans le monde entier.

9 octobre 1923 – Il reçoit du pape le privilège de célébrer selon les rites latin et byzantin.

24 février 1924 – Le Saint-Siège approuve par un indult les statuts de l’Œuvre des Frères et Sœurs de Saint-Jean, société auxiliaire de mission proposée par Vladimir Ghika.

1924-1928 – Activité dans le quartier pauvre de Villejuif, en banlieue parisienne.

1926 – Il est nommé administrateur de l’église des Étrangers.

1926 – Il achète pour 180.000 francs un bâtiment désaffecté d’une ancienne abbaye devenue prison pour femmes, à Auberive.

1925-1926 – Il ouvre la Maison des Frères et Sœurs de l’Ordre de Saint-Jean à Auberive et fonde, avec l’approbation du Souverain Pontife, la Communauté des Frères et Sœurs de Saint-Jean à Auberive, en France.

1928 – Il se rend à Sydney pour le Congrès eucharistique international.

1929 – Il apprend par des sources officieuses que le pape a l’intention de le nommer protonotaire apostolique ; il hésite à accepter cette fonction, car, lors de son entrée dans le clergé, il avait fait le vœu de ne jamais accepter de dignité ecclésiastique.

1930 – Il se rend à Carthage pour le Congrès eucharistique international.

1930 – Il tombe malade et se retire de Villejuif ; le cardinal Verdier envoie à sa place un groupe de jeunes prêtres qui construisent une église sur le terrain préparé par Ghika ; ce sera l’une des premières paroisses modernes de la périphérie parisienne.

13 mai 1931 – Il est nommé protonotaire apostolique ; il déclare : « Rien ne changera dans ma manière de vivre, ce ne sera qu’un étroit ruban ajouté à la soutane ».

1931 – Il est nommé recteur de l’église des Étrangers à Paris.

1932 – Il se rend à Dublin pour le Congrès eucharistique international.

1933 – Il accompagne un petit groupe de carmélites à Tokyo, afin d’y fonder le premier Carmel au Japon.

1934 – Il se rend à Buenos Aires pour le Congrès eucharistique international.

1936 – il se rend à Manille pour le Congrès eucharistique international.

Novembre 1936 – Il se rend au Japon pour visiter les hôpitaux fondés par le père Totzuka.

1938 – Il se rend à Budapest pour le Congrès eucharistique international.

3 août 1939 – Retour en Roumanie.

1939-1954 – Activité religieuse, culturelle, caritative et sociale en Roumanie. Le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale le surprend à Bucarest en pleine activité sacerdotale et caritative ; il refuse de quitter la Roumanie afin de rester auprès des pauvres et des malades, pour pouvoir les aider et les encourager.

1944 – Les bombardements commencent à Bucarest ; il refuse de quitter la capitale pour rester auprès de ceux qui sont dans le besoin.

9 août 1945 – Mgr Ghika attire l’attention des services spéciaux comme visiteur de l’Institut « Augustinum » des Pères assomptionnistes, rue Știrbei Vodă, eux-mêmes surveillés par la Securitate parce qu’ils pratiquaient, comme lui, les deux rites (latin et byzantin).

1947 – Présence en Moldavie pour y aider les monastères orthodoxes pendant la famine.

1948 – Après la confiscation par l’État de la maison de son frère sur le boulevard Dacia, il refuse de partir avec le train royal et s’installe au sanatorium Saint-Vincent-de-Paul.

Mars 1949 – Il est opéré d’urgence d’une hernie étranglée, sans anesthésie.

1949 – Toute l’œuvre des Filles de la Charité est nationalisée.

1950 – Il s’installe dans la maison paroissiale des prêtres lazaristes.

18 novembre 1952 – Il est arrêté alors qu’il sort de la maison de M. Vasile Stoica dans la rue Stockholm, où il s’était rendu pour assister la mère de l’acteur Sebastian Radovici, Maria Radovici, malade.

Il est accusé d’espionnage au profit du Vatican et des puissances impérialistes.

« L’enquête » dure près d’un an à la prison de la Securitate d’Uranus, période pendant laquelle il est torturé et battu jusqu’au sang au cours des interrogatoires.

24 octobre 1953 – Procès au cours duquel il refuse un avocat et assure seul sa défense ; il est condamné à trois ans de réclusion et emprisonné à Jilava.

16 mai 1954 – Épuisé par les souffrances, il meurt à Jilava à 17 h 30 ;(Jusqu’en 2003, la date de sa mort fut considérée comme étant le 17 mai, date infirmée par le certificat médical de décès du 16 mai 1954.)


Chronologie des événements préparatoires à la canonisation

Novembre 1954 – À Paris, un symposium est organisé où l’on parle déjà du martyre de Vladimir Ghika et où commencent à être publiées ses biographies.

18 décembre 1968 – La famille demande à Jilava les restes mortels de Vladimir Ghika afin de les inhumer au cimetière orthodoxe Bellu, dans la crypte familiale.

1970-1980 – L’archevêché de Paris souhaite ouvrir le procès de béatification de Vladimir Ghika, mais le projet est abandonné afin de ne pas aggraver la situation de l’Église catholique en Roumanie.

1989 – Fondation à Paris de l’« Institut Vladimir-Ghika ».

1990 – Après la chute du régime communiste en Roumanie, le père Horia Cosmovici reçoit de Mgr Ioan Robu la mission de rassembler des documents et des témoignages sur son père spirituel, Mgr Vladimir Ghika.

5 novembre 1991 – Compte tenu des résultats des recherches du père Cosmovici, Mgr Ioan Robu demande à Rome le « Nihil obstat » pour l’ouverture du procès de reconnaissance du martyre de Mgr Ghika.

18 février 1992 – Le Saint-Siège accorde le « Nihil obstat ».

7 octobre 2002 – Le postulateur de la Cause Vladimir Ghika est nommé en la personne du père Ioan Ciobanu.

26 octobre 2002 – À la demande du postulateur, conformément au droit canonique, l’archevêque Ioan Robu ouvre à Bucarest le procès diocésain en vue de l’élévation de Mgr Ghika aux honneurs des autels.

13 juin 2003 – Le procès diocésain prend fin.

16 juin 2003 – Les documents du procès diocésain sont envoyés à Rome et le père Claudiu Bărbuț est nommé postulateur à Rome.

24 mars 2004 – La phase romaine du procès est inaugurée par la rupture du sceau apposé sur les documents du procès diocésain ; la documentation envoyée à Rome est complétée, notamment par des recherches dans les Archives du Vatican.

30 novembre 2006 – Le décret de validité émis par la Congrégation pour la cause des saints est promulgué pour le procès de Bucarest.

3 avril 2007 – Le père Francisc Ungureanu est nommé postulateur de la Cause Ghika à Rome.

18 mai 2007 – Le père Cristoforo Bove, OFMConv, est nommé rapporteur de la Cause par la Congrégation. La constitution de l’équipe qui travaillera à Bucarest pour la rédaction du dossier final (POSITIO SUPER MARTYRIO) commence, à partir de la « Biographie documentée » de Vladimir Ghika.

4 octobre 2010 – Le père Cristoforo Bove, historien et grand connaisseur de la Roumanie, s’éteint après de longues souffrances.

5 novembre 2010 – Le père Kijas Zdzisław, OFMConv, est nommé rapporteur pour la cause Vladimir Ghika.

10 février 2012 – Les exemplaires de la POSITIO destinés à l’étude des théologiens sont déposés à la Congrégation pour la cause des saints.

9 octobre 2012 – Le « Congrès des théologiens » est ouvert. Ils y discutent les résultats de l’analyse de la POSITIO et déclarent à l’unanimité que l’argumentation du martyre de Vladimir Ghika est concluante. Les commentaires écrits des théologiens, avec le procès-verbal du congrès, sont recueillis et imprimés afin d’être transmis pour examen, avec la POSITIO, aux Pères cardinaux et évêques, membres de la Congrégation pour la cause des saints.

Janvier 2013 – S. E. Edmund Farhat est nommé « ponent », avec pour mission de présenter la cause au « Congrès des cardinaux ».

19 février 2013 – le Congrès réunissant les Pères cardinaux et évêques, membres de la Congrégation pour la cause des saints, a lieu, et l’avis sur le martyre de Vladimir Ghika est positif.

27 mars 2013 – Le Saint-Père autorise la promulgation du décret reconnaissant « le martyre du serviteur de Dieu Vladimir Ghika, prêtre diocésain ; né à Istanbul (Turquie) le 25 décembre 1873 et tué en haine de la foi à Bucarest (Roumanie) le 16 mai 1954 ». À partir de cette date, Vladimir Ghika reçoit le titre de « vénérable ».

31 août 2013 – La béatification du vénérable Vladimir Ghika est célébrée à Bucarest ; à partir de cette date, Vladimir Ghika reçoit le titre de « bienheureux ».

1er septembre 2013 – Dans la cathédrale Saint-Joseph et dans toutes les églises de l’archidiocèse de Bucarest, on rend grâce à Dieu pour le don de la béatification de Mgr Vladimir Ghika. L’autel contenant les reliques du Bienheureux Vladimir Ghika, ainsi que l’icône de la cathédrale Saint-Joseph, sont dévoilés.

6 octobre 2013 – À Paris, en la cathédrale Notre-Dame, une messe d’action de grâce est célébrée par le cardinal André Vingt-Trois.

Autres événements

8 octobre 2013 – « Par le jugement civil n° 1739, rendu par le tribunal de Bucarest – 3e section civile, dans le dossier n° 18369/3/2013, le caractère politique de la condamnation subie par Monseigneur Vladimir Ghika sous le régime communiste de Roumanie a été constaté, et les effets de cette condamnation ont été annulés de plein droit. » … « La constatation du caractère politique de la condamnation subie par Monseigneur Vladimir Ghika a constitué une réparation morale minimale, consistant dans l’annulation de plein droit des effets de cette condamnation. »

5 novembre 2013 – l’Académie roumaine déclare Mgr Vladimir Ghika membre à titre posthume.